Ecrire activement sur le monde avec des images et toutes les formes requises des arts visuels, en développant au fil des années une forme de grammaire, rendre collectives les complexes relations des représentations visuelles entre elles : telles sont les démarches que j’entreprends à travers ma pratiqueau sens large du collage.

Pour développer cette grammaire, je me suis questionné sur ce que sont les images et à la suite les autres formes de langages visuelles.

Aussi, je tente de me placer à la croisée d’autres cultures, écritures, histoires et disciplines, celles de personnes d’époques révolues ou encore vivantes, sinon d’entrelacs de futurs. Ces croisements m’ont appris à considérer les routes, les migrations, les économies volontaires ou accidentelles des « iconographies » et de leurs décors. Plus que le soi ou le lieu, ce sont les nœuds et les complexes que je considère les plus agiles.

Les parcours d’artistes collagistes comme Raoul Hausmann ou encore Kurt Schwitters qui récoltaient et réassemblaient chacun à leur façon le brouhaha morcelé de la foule et de leur époque, me furent des pierres d’angle.

La « réflexivité » des images et des matériaux que j’utilise, ainsi que leur capacité combinatoire de contextualisation répondent à mon besoin de créer tout en voyageant sans encombrement vers des horizons entraperçus, mais aussi au quotidien dans les villes où je vis.

Voyager avec des images m’a aussi amené à des collaborations graphiques pour l’Organisation Mondiale de la Santé (O.M.S), ainsi que pour différentes ONG, tout comme Kurt Schwitters qui était également graphiste. L’inventivité doit être confrontée aux besoins, mais aussi aux contraintes.

Si les images ont des histoires, il s’agit encore d’apprendre à les lire, les décortiquer et les réinsérer dans de nouveaux champs ou contextes contemporains.
Ainsi, la Linguistique, la Sémiologie, l’Anthropologie, la Philosophie et les Sciences Politiques m’ont influencé, tout comme les collages théoriques et poétiques de Jiri Kolàr qui ont attiré mon attention sur le plagiat, ainsi que les œuvres de Gabriel Orozco ayant trait au déplacement, mais aussi celles de Tadanori Yokoo ou d’Ai Weiwei conjuguant culture et socialisation des savoirs entre les artisans et les architectes, les artistes et les designers, ou encore les oeuvres de Marcel Broothaers, de Robert Filliou, de Hans Haacke ou de Chris Marker mettant en place de multiples formes de collaborations artistiques. Dorénavant nous sommes passés par-dessus les marges de frontières épocales qui nous poussent vers des supports plus ouverts que nos universaux englobant précédents.

C’est pourquoi j’orienterai mes démarches vers :

·     des objets conçus comme des matrices évolutives ;

·     reprendre mes ressources iconographiques, notamment celles de mes collages existants, pour les développer et les agrandir ;

·     développer les séries des collages monétaires ; des Oblò sphériques ; des travaux circulaires ; des agrandissements ; des « démultiplicateurs d’espace » plutôt que de dire des installations ; enfin tous genres de « Confrontations » ;

·     des projets de collaborations et d’associations répondant à divers « praxis » de ma grammaire des collages et des « Œuvres Collectives.

 

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